Histoire et patrimoine – LEB

Histoire et patrimoine

Au milieu du 19e siècle, avant la construction de la ligne ferroviaire Lausanne – Yverdon, la région d’Echallens profitait de sa situation géographique sur la voie commerciale entre Ouchy et Vaumarcus. Après la construction de la ligne ferroviaire Lausanne – Yverdon, le district n’est plus un lieu de passage et perd son attractivité. Les édiles d’alors décident de relier le centre du Gros-de-Vaud, qui compte alors 900 habitant·e·s à la Cité lausannoie, qui accueille 26 000 personnes. Des premiers projets de liaison ferroviaire sont ébauchés dès 1860.

Le premier comptage
 En 1871, avant la construction de la ligne, le premier décompte du trafic sur une semaine en octobre dénombre que « dans les deux directions réunies, une moyenne quotidienne de 266 piétons et de 212 véhicules traînés par 265 marchandises, 432 personnes ».

La grande histoire du LEB débute entre Chauderon et Echallens

Le comité d’initiative se forme en 1870 en vue de l’obtention d’une concession de chemin de fer entre Lausanne et Echallens. La demande est déposée en 1871. Le 6 juin 1872, la concession cantonale est accordée à la compagnie « Lausanne-Echallens » (L-E). L’assemblée fédérale répond également favorablement le 20 juillet. Les travaux peuvent commencer pour la construction du premier chemin de fer de suisse à voie métrique. Entre Lausanne et Echallens, la ligne se construit par phases.

La toute première course d’essai a lieu à l’automne 1873 entre Chauderon, terminus initial, et Prilly-Chasseur. Le 1er juin 1874, la section Cheseaux – Echallens est inaugurée. Les trains circulent dès le lendemain. Entre le cœur du Gros-de-Vaud et Lausanne, le trajet en L-E dure 30 minutes – une révolution pour la mobilité de l’époque. L’horaire du 1er juin 1877 prévoit quatre paires de courses en semaine entre Lausanne-Chauderon et Echallens.

Entre Echallens et Bercher : le Central-vaudois

En juillet 1886, les chambres fédérales octroient la concession du tronçon Echallens-Bercher à une nouvelle compagnie, nommée « Le Central-vaudois ». L’activité de la condenserie Nestlé située à Bercher assure une importante activité de transport marchandise, avec environ 10’000 tonnes par an sortent de l’usine. L’entreprise de lait condensé participe à la subvention pour la construction de la ligne L’entreprise de lait condensé participe à la subvention pour la construction de la ligne (Voir l’article de Connexion 2014, page 19)

Ce tronçon est inauguré en 1888 après seulement 6 mois de travaux de construction. Le trafic marchandises représente la majorité des activités du Central-vaudois, exploité au quotidien par le L-E.

Le LEB, un train construit au rythme des développements régionaux

Deux entreprises unifiées pour le LEB

Les situations financières des deux compagnies, le Central-vaudois et le Lausanne-Echallens, restent compliquées tout au long de son existence. La fusion s’opère le 1er janvier 1913 et fait naître la Compagnie du chemin de fer Lausanne-Echallens-Bercher (LEB).

Dès la fin de la 1ère guerre mondiale, le trafic voyageurs augmente. Pour répondre aux besoins croissants de mobilité, le LEB propose les premiers abonnements, sous forme de carte multi courses. Cette période marque également les débuts de la concurrence routière pour le trafic marchandises.

« La brouette » est le surnom du LEB
 Il tire son origine du projet initial de construction avec le système français Larmanjat. Equipée d’un rail unique incrusté dans la chaussée, cette technologie n’entravait pas le trafic routier et assurait une vitesse de pointe de 19 km/h. Toutefois, selon un ingénieur qui a étudié le système installé à Paris « la locomotive abandonne fort souvent la voie pour courir à droite et à gauche, telle une brouette ». Cette option est abandonnée au profit d’une chemin de fer à voie métrique.

L’électrification de la ligne en 1935

Dès les années 1920, l’électrification de la ligne est envisagée. La vapeur des machines incommode riverains et passagers, et les possibilités de cette technologie offre des perspectives nouvelles pour la ligne. Le soutien des autorités fédérales finance les travaux d’électrification, estimés à CHF 1,2 million. Dès décembre 1935, la première automotrice du LEB circule grâce à l’électricité. Les machines à vapeur restent en service pour les manœuvres au dépôt.

Cette nouvelle motorisation permet d’améliorer la qualité du service. Les voyageuses et voyageurs ne sont plus incommodé·e·s par la vapeur et les résidus de la combustion du charbon. De plus la vitesse de circulation des trains augmente et raccourcis les temps de trajet. L’électrification permet aussi la création de nouvelles haltes : Union-Prilly et Cery-Fleur-de-Lys en 1935, Vernand-Camarès en 1936, Sur Roche en 1946, Le Lussex en 1964 et Grésaley en 1977.

La fin du transport de marchandises par rail

Depuis Chauderon, les trains empruntent les voies des tramways sur l’avenue de Morges pour livrer les marchandises en gare de Sébeillon. En 1964, les trams sont remplacés par des bus. Durant quelques années, le LEB reprend à sa charge la concession pour la ligne entre Chauderon et Sébeillon. Toutefois, à la suite à de nombreux accidents et à une forte diminution du trafic fret, ce service est abandonné. En remplacement, un service routier est organisé pour le transport du fret.

Ainsi, dès 1971, la Compagnie du LEB transporte exclusivement des voyageuses et voyageurs entre Lausanne-Chauderon et Bercher. Les client·e·s sont toujours plus nombreux·ses à emprunter le LEB pour assureur leurs déplacements entre ville et campagne. 

Les gares se transforment et un nouveau terminus connecte le LEB au cœur de la ville

A la fin du 20e siècle, le trafic-voyageurs est en croissance. Sur la partie urbaine du trajet, la cohabitation avec les autres types de mobilité – piétons, bus, voitures, vélos ; également en augmentation, se complexifie. De plus, l’évolution des systèmes de sécurité et la croissance de la fréquentation rendent la transformation de certaines gares nécessaire.

La première grande étape de l’évolution se concrétise en 1995 avec un tunnel. Désormais, juste avant Chauderon, la ligne ferroviaire plonge sous terre et rejoint la nouvelle gare, construite en souterrain. Jusqu’alors, le LEB arrivait en surface, dans une gare construite en 1873, à titre provisoire…

28 mai 1995, 05h37 – la gare souterraine de Chauderon 
 La première course du LEB entre dans la nouvelle gare souterraine de Lausanne-Chauderon en mai 1995. L’inauguration officielle a lieu le 28 juin. L’ancienne gare, construite en 1873 à titre provisoire, est détruite et le terrain remis à la commune de Lausanne.

En 1998, la nouvelle gare d’Echallens est mise en service. Et en 2000, le LEB a un nouveau terminus : la gare de Lausanne-Flon accueillent ses premiers passagers. Dès les débuts de la ligne, différents projets étudient une connexion du LEB avec le quartier du Flon et du Lausanne-Ouchy, ancêtre du métro m2.

Dans les années 2000, les alentours de la gare de Cheseaux sont profondément transformés : un pont est construit au-dessus de la rivière La Mèbre, une voie supplémentaire est construite et un deuxième ouvrage enjambe désormais la route menant à Morrens. Cette nouvelle infrastructure permet de desservir la gare de Les Ripes, inaugurée au printemps 1999.

Une nouvelle étape réunit une seconde fois le LEB et les tl

En décembre 2013, les Transports publics de la région lausannoise (tl) entrent dans l’histoire de la ligne. Si les entreprises avaient déjà eu un directeur commun dans les années 70, le rapprochement opérationnel des deux entreprises est novateur. Il est annoncé par les autorités cantonales et a pour objectif de relever les défis dans le domaine des infrastructures de transport de l’agglomération Lausanne – Morges. La prolongation du tunnel du LEB, sous l’avenue d’Echallens, constitue le premier chantier commun. En savoir plus sur le site dédié au projet du tunnel (lien).

Le Conseil d’administration du LEB continue d’assurer la haute gouvernance de la Compagnie du chemin de fer LEB SA. Les collaboratrices et collaborateurs travaillant à Echallens, et dévolus entièrement au LEB, assurent sa gestion quotidienne et préparent les développements à venir de la ligne.

Prolonger le tunnel – le premier gros chantier assuré par les tl
La prolongation du tunnel sous l’avenue d’Echallens constitue le premier défi pour les équipes nouvellement réunie. Pour en savoir plus, consultez le site dédié au projet.